"La capacité des habitants à se projeter est en avance sur celle des institutions et des services techniques"
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L’Ile de Nantes représente un des projets urbains les plus emblématiques du moment, avec un travail de gestion de l’urgence climatique articulée à l’association des habitant·es sur la vie future dans le quartier. Nous en avons parlé avec Sylvanie Grée, co-fondatrice de D’ici là Paysages, et Grégoire Alix-Tabeling, co-fondateur de Vraiment Vraiment, mobilisé·es ensemble sur le projet.

VV – Pouvez-vous nous présenter le projet sur lequel vous travaillez ensemble sur l’Île de Nantes et le rôle du groupement ?
Sylvanie Grée : Le projet de l’Île de Nantes entre aujourd’hui dans la quatrième étape de son plan-guide. Après plus de vingt ans de projet urbain, nous sommes la quatrième équipe de maîtrise d’œuvre urbaine à intervenir, aux côtés d’Atelier Georges, h2o, Biotec, Le Sens de la Ville, Une autre ville, Dixit, Technicité, TPF Ingénierie et Vraiment Vraiment. Notre mission s’articule autour de deux échelles. D’abord celle de l’ensemble de l’île, avec un enjeu d’adaptation aux évolutions climatiques et sociales. Cette double lecture existait déjà, mais l’adaptation au changement climatique est vraiment la spécificité de ce ” Temps 4 “. Ensuite, nous travaillons sur la pointe sud-ouest, les 40 derniers hectares à aménager. L’objectif est d’y développer un nouveau quartier structuré autour du Grand Parc de Loire, un parc métropolitain qui sera à la fois un grand espace de nature et le cœur des usages du quartier.
Nous sommes engagés sur un accord-cadre de huit ans. À ce stade, notre feuille de route porte notamment sur la réalisation d’une première phase significative du parc, même si son calendrier reste lié à la maîtrise du foncier. Nous intervenons aussi dans un contexte qui a profondément changé. Les délais des projets urbains sont très longs. Nous sommes parfois amenés à poursuivre ou adapter des opérations héritées plutôt qu’à lancer celles que nous avions imaginées. Cela pose une vraie question de méthode : comment concevoir aujourd’hui des projets qui ne verront le jour que dans huit ou dix ans, tout en leur laissant la capacité d’évoluer avec les réalités de demain ?
VV : Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels vous êtes confrontés ?
Sylvanie Grée : Le principal défi, c’est le temps. Entre le moment où un projet est dessiné et celui où il est réalisé, il peut s’écouler huit ans. Or les critères avec lesquels on dessinait un espace public il y a huit ans ne sont plus tout à fait ceux d’aujourd’hui. Ce n’est pas une remise en cause du travail des équipes précédentes : le contexte a simplement changé extrêmement vite. Cela nous oblige à inventer une autre manière de travailler, capable de poser un cap tout en laissant la possibilité de réinterroger, d’ajuster et de faire évoluer les projets au fil de l’eau. Nous avions formulé cela dès le départ par une expression qui nous accompagne : ” apprendre à danser sous l’orage “. Puisque le contexte est fluctuant, il faut réussir à faire avancer le projet urbain malgré les incertitudes.
VV : Comment cette réalité transforme-t-elle votre manière de concevoir la ville ?
Sylvanie Grée : À l’échelle de l’île, cela nous a conduits à changer de regard. Nous sommes passés d’une logique de grandes figures paysagères, très structurantes mais aussi très coûteuses, à une stratégie plus tactique, fondée sur les vulnérabilités du territoire. Concrètement, nous regardons où plusieurs fragilités se superposent : un îlot de chaleur, un espace public dégradé, une école, une crèche ou un équipement pour les personnes âgées, un problème d’accessibilité…. Cette approche nous amène aussi à explorer un registre intermédiaire entre le grand projet entièrement neuf, tel que nous avons longtemps eu l’habitude de le concevoir, et des interventions plus légères inspirées de l’urbanisme tactique. L’idée n’est plus de tout refaire systématiquement, mais de trouver le bon niveau d’intervention selon les besoins du lieu. Nous voyons d’ailleurs émerger une véritable évolution culturelle. Les expérimentations menées ces dernières années, notamment pendant la période du Covid, ont montré qu’il était possible de transformer les espaces publics autrement. Aujourd’hui, l’enjeu est de capitaliser sur ces expériences là pour inventer une manière plus agile et plus résiliente d’adapter la ville.
VV – Dans le projet, ” l’alliance avec le vivant ” est un axe fort. En quoi ce choix change-t-il votre manière de dessiner la ville ?
Sylvanie Grée : Cela change complètement notre manière de concevoir le quartier. Nous avons posé l’alliance avec le vivant comme le premier principe de projet. Cela signifie qu’avant même de réfléchir à la morphologie des îlots ou à l’implantation des bâtiments, nous nous demandons si nous sommes capables de garantir suffisamment de pleine terre. C’est la condition pour accueillir durablement des arbres, gérer l’eau, développer la biodiversité et permettre au vivant de s’installer. Cette inversion des priorités change profondément la conception du projet. On ne commence plus par dessiner la ville avant d’y faire une place à la nature, on part des conditions d’habitabilité du vivant, puis on construit le quartier autour. Notre sujet numéro un n’est d’ailleurs pas uniquement la question du carbone. Nous considérons que l’effondrement de la biodiversité est aujourd’hui le principal enjeu, parce qu’il conditionne l’habitabilité même du territoire. Dès lors que l’on fait de cette alliance avec le vivant le point de départ, on ne peut tout simplement plus dessiner le même projet.
VV – Cette logique se traduit aussi par un choix inhabituel : faire exister le parc avant même que le quartier soit achevé. Pourquoi avoir bouleversé le calendrier habituel d’un projet urbain ?
Sylvanie Grée : Parce que l’urgence est de remettre en place les sols, les arbres et les milieux. Le vivant a besoin de temps pour s’installer, alors que le quartier, lui, se construira progressivement. C’est tout le principe du “parc pionnier” : le parc arrive en premier et accompagne ensuite le développement du quartier. Le chantier devient presque son décor. Ce choix nous permet aussi de laisser le temps aux usages de se révéler. Dans le contexte actuel, nous pensons qu’il serait contre-productif d’équiper immédiatement tout le parc de manière définitive. Il reste trop d’inconnues. Nous préférons ouvrir les lieux, observer comment les habitants se les approprient, tester certains aménagements, puis compléter progressivement les équipements à partir de ce qui fonctionne réellement. En laissant du temps au vivant comme aux usages, nous concevons des espaces capables d’évoluer plutôt que des projets figés dès leur livraison.
VV : Pourquoi était-il important de laisser les habitants s’exprimer avant de commencer à dessiner le projet ?
Grégoire Alix-Tabeling : Dans le cadre de ce projet, Vraiment Vraiment s’occupe de la partie concertation. La question des usages, de leur définition et de l’accompagnement de leur évolution était posée dès le deuxième paragraphe du cahier des charges de la commande.
Et en tant que designer nous la mettons naturellement au centre de notre travail et de nos réflexions. Pour nous, se demander de quoi on aura besoin demain pour vivre heureux dans la ville, quelles que soient les conditions climatiques, est un prérequis du projet. Notre travail dans le groupement est donc un travail de prospective, de maîtrise d’usage et d’ingénierie de la participation citoyenne. Et nous avons conçu, en lien avec l’équipe de Sylvanie et le Sens de la ville, une méthode de participation sur mesure qui permet de traiter à la fois le long terme et la grande échelle, et le « ici et maintenant ».
Bien souvent, Malheureusement la concertation vient tard dans les projets. Une fois que les grands lignes ont été posées, on laisse aux habitants le choix d’arbitrer sur des éléments anecdotiques.
Et il est rare de trouver des concepteurs qui acceptent d’abandonner un peu de leur prérogative de conception pour la confier aux citoyens. Et souvent, une fois que les élus ont posé une vision, les experts une tactique, on laisse au mieux le soin aux habitants de trouver les solutions pour la rendre opérationnelle, au pire, on leur fait choisir la couleur d’une façade.
Dans ce type de contextes, nous refusons maintenant de porter des projets de concertation. Après des années de collaboration nous avons appris, avec d’ici là, à nous faire confiance, et nous avons eu avec le projet de l’île de Nantes l’opportunité de mettre l’expression citoyenne comme première pierre du projet. D’ici là nous laisse commencer le projet par la parole citoyenne, et en échange nous nous assurons que cette parole leur soit réellement utile. Nous avons souvent travaillé dans des groupements de maîtrise d’œuvre urbaine, mais rarement avec cette possibilité d’intervenir avant les premiers dessins. Ici, nous avons demandé à l’assemblée citoyenne d’imaginer ce qu’elle voulait trouver dans ce parc avant que les concepteurs ne commencent à dessiner. C’est une position assez rare, et c’est aussi ce qui nous a donné envie de nous engager dans ce projet.
Sylvanie Grée : Associer les habitants si tôt dans le projet, c’est d’abord une question de responsabilité collective. Un parc de cette ampleur ne peut pas être uniquement le fruit d’une vision de concepteurs, il doit répondre à ce que les habitants attendent de lui. Nous voulions aussi nous imposer un exercice. Nous avions déjà des intuitions, des pistes de travail, une certaine idée de ce que pourrait être ce parc. Mais nous ne nous étions jamais demandé, autant en amont, si c’était réellement la bonne direction. Dès les premières minutes de l’assemblée citoyenne, les habitants ont été extrêmement clairs : “ Nous n’avons pas besoin d’un parc, nous avons besoin d’un contact avec la nature. Il faut que la Loire entre dans le parc.” Lorsque l’on regarde le site aujourd’hui, cette vision paraît presque naturelle, mais je ne suis pas certaine que nous serions allés aussi loin si nous ne l’avions pas entendue exprimée avec tant de force. Les habitants se sont autorisés à imaginer un parc très sauvage, très vivant, sans les freins que nous pouvons parfois nous imposer en tant que concepteurs. Surtout, cette parole permet une véritable ligne de conduite avec les élus, une forme de contrat moral pour le projet. Quand les arbitrages deviennent très techniques ou que les contraintes s’accumulent, nous pouvons revenir à cette ambition collective et nous demander : « Qu’avait exprimé l’assemblée citoyenne ? » C’est un point d’appui extrêmement précieux. Finalement, cette expérience nous rappelle aussi une chose : sur les questions de transition écologique, les habitants sont souvent beaucoup plus prêts qu’on ne l’imagine. Leur capacité à se projeter est parfois en avance sur celle des institutions ou des services techniques.
VV : Comment cette participation s’organise-t-elle concrètement ?
Sylvanie Grée : Nous avons volontairement déployé plusieurs dispositifs complémentaires . L’assemblée citoyenne fixe les grandes ambitions du projet avant nous, la perm’ du projet permet de faire remonter les préoccupations du quotidien. Ce ne sont pas toujours des idées nouvelles, mais certains sujets reviennent tellement souvent qu’ils deviennent incontournables. Et nous avons également les Éclaireurs, qui vont à la rencontre de publics que nous touchons difficilement. Ils deviennent en quelque sorte nos yeux et nos oreilles sur le terrain.
Grégoire Alix-Tabeling : Nous organisons aussi des séances de prototypage pour expérimenter certains aménagements avec les habitants avant de les pérenniser. Nous travaillons par exemple sur les usages liés au stationnement des vélos et aux nouvelles mobilités, des sujets qui évoluent très vite. Ces quatre dispositifs répondent chacun à une temporalité du projet : une vision stratégique avec l’assemblée citoyenne, une écoute des usages du quotidien avec la permanence, une démarche d’aller-vers avec les Éclaireurs et, enfin, une phase très opérationnelle de test grâce au prototypage. L’objectif, c’est de faire vivre la concertation tout au long du projet, afin de concevoir des espaces vraiment capables d’évoluer avec les usages.
VV : Pourquoi est-il si important de construire la ville avec les habitants ?
Grégoire Alix-Tabeling : Nous sommes obligés d’imaginer des futurs qui vont évoluer. Entre le moment où l’on conçoit un espace public et celui où les habitants se l’approprient réellement, il peut se passer dix ou quinze ans. La question n’est donc plus seulement de savoir si le projet fonctionne aujourd’hui, mais s’il restera pertinent demain. C’est pour cela que nous avons choisi de conserver une mission après la livraison des espaces publics : revenir sur le terrain, observer les usages, comprendre ce qui fonctionne, ce qui doit évoluer, et ajuster les lieux si nécessaire. Cette manière de travailler reste encore assez nouvelle dans les projets urbains.
Elle repose aussi sur un principe auquel nous tenons beaucoup : ne pas demander leur avis aux habitants si leur parole n’a aucune chance de nourrir le projet. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles nous travaillons avec D’ici là : nous savons que ce qui est exprimé sera réellement entendu. Aujourd’hui, je ne fais plus de concertation sans être capable d’expliquer comment ce qui a été dit s’est traduit dans le projet, ce qui a été retenu, ce qui ne l’a pas été et pourquoi. C’est une question de confiance. Mais cette confiance se construit en amont du projet. Une concertation n’est utile que si les questions posées sont suffisamment précises pour produire une matière exploitable par les concepteurs. Tout l’enjeu est de relier ce qui est exprimé par les habitants à ce qui peut effectivement nourrir les choix de projet. C’est un travail exigeant.
VV : Quels sont aujourd’hui les sujets les plus difficiles à traiter collectivement ?
Sylvanie Grée : La question du logement est probablement l’un des grands défis qui nous attend. Nous cumulons aujourd’hui des crises environnementales, des exigences réglementaires et un contexte économique qui fragilise les opérations immobilières. Nous pressentons qu’à force d’empiler les contraintes, la variable d’ajustement risque d’être le seul espace qui reste vraiment libre : les pièces de vie. On voit déjà apparaître des appartements où les séjours deviennent de plus en plus petits, alors que d’autres espaces restent très normés. Cela pose une vraie question de qualité d’habiter. Avant de continuer à produire du logement neuf comme nous l’avons toujours fait, nous avons envie de faire prendre un temps de recul et d’ouvrir la discussion avec les habitants : dans le fond, quelles sont nos priorités ? Quels arbitrages sommes-nous prêts à faire ? On parle souvent du logement à travers des normes techniques ou des règlements, mais beaucoup plus rarement à partir des usages et des modes de vie.Pourtant, lorsque l’on choisit un logement dans la ville existante, on fait déjà des compromis : renoncer à un balcon parce que la pièce de vie est plus agréable, à une chambre supplémentaire pour gagner en confort… Les habitants ont l’habitude de faire ces choix. Pourquoi ne pas les associer à cette réflexion dès le départ quand il s’agit de construction neuve ?
Grégoire Alix-Tabeling : Pendant longtemps, on a avancé sans vraiment remettre en question les modèles existants. Aujourd’hui, nous sommes obligés d’inventer d’autres façons d’habiter. Cela ouvre des discussions vertigineuses : Quels sont les conforts auxquels nous tenons vraiment ? Doivent-ils nécessairement être individuels ou peuvent-ils être partagés à l’échelle de l’immeuble ou du quartier ? Si l’on renonce à certaines choses chez soi, peut-on les retrouver dans des espaces communs de meilleure qualité ? Ce sont des questions qui dépassent largement le rôle des concepteurs. Elles touchent à notre manière de vivre ensemble. C’est pour cela qu’il est essentiel de les partager avec les habitants. Nous ne voulons pas que ces choix soient uniquement le résultat de contraintes techniques, ils doivent devenir un véritable projet commun. C’est assez vertigineux, parce qu’on ne sait pas encore exactement où cela nous mènera, mais c’est aussi ce qui rend cette réflexion passionnante.
VV : Les enseignements de l’Île de Nantes ont-ils vocation à dépasser ce projet ?
Sylvanie Grée : Tout ce que nous expérimentons ici est pensé pour être réplicable. L’Île de Nantes est un territoire d’expérimentation qui doit permettre d’alimenter d’autres projets urbains, notamment en dehors des grandes opérations d’aménagement.
Grégoire Alix-Tabeling : Le contexte du projet de l’île de Nantes nous donne la possibilité de nous atteler à des sujets particulièrement d’actualité. Nous entrons dans un monde inconnu et à ce titre nous devons collectivement identifier de nouvelles solutions. Le travail que nous menons sur l’île de Nantes est une opportunité d’apporter notre pierre à cet édifice. Évidemment le travail que nous menons sur le logement nous permettra d’aborder d’autres projets de rénovation urbaine, ailleurs, avec une meilleure connaissance, un regard affûté et une série de solutions prêtes à être discutées et adaptées. D’ailleurs, au-delà de Vraiment Vraiment et des membres du groupement, nous avons mis en place une logique de capitalisation avec Dixit et Transition Urbaine qui recueille et formalise les enseignements, les problématiques, les obstacles et les solutions que nous rencontrons sur le projet, afin de les mettre en commun largement, à l’échelle nationale.
C’est important car il ne fait pas de doute pour nous que certaines méthodes inventées dans le cadre du projet méritent d’être répliquées ailleurs, comme par exemple le « stress test » que nous avons conçu avec Dixit. Il permet de mettre un projet en cours de conception à l’épreuve des futures crises sociales, démocratiques et climatiques que nous allons rencontrer.
VV - En quoi la démarche adoptée pour travailler sur l’Ile de Nantes réinvente-t-elle vos métiers de paysagiste et de designer ?
Grégoire Alix-Tabeling : Ce qui rassemble toutes les équipes du groupement, c’est cette volonté de réinterroger nos pratiques professionnelles. Nous avons tous fait un pas de côté par rapport à nos métiers d’origine. Il ne s’agit plus seulement de concevoir un projet urbain : il faut aussi repenser nos méthodes de travail pour être capables de répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés. Cette remise en question concerne autant les paysagistes, les designers que les urbanistes ou les spécialistes de la concertation. On cherche tous à faire évoluer nos pratiques plutôt qu’à appliquer des recettes qui ne correspondent plus au contexte actuel.
Sylvanie Grée : Pour moi, le déclic a été la lecture des projections du GIEC à l’été 2019. Je me suis vraiment pris une claque. Je me suis dit : on va vivre avec des canicules jusqu’à la fin de notre vie. À partir de là, il est devenu évident qu’il fallait changer profondément notre manière de dessiner les espaces publics. Cela a d’abord été une bascule très technique : revoir les stratégies de plantation, accepter une forme de lâcher-prise sur certains éléments, remettre le sol, l’eau et le vivant au cœur des projets. Mais aujourd’hui, l’accélération des bouleversements climatiques nous pousse encore plus loin. En parallèle, le ralentissement de la fabrique de la ville nous oblige à revoir nos méthodes. Les projets mettent de plus en plus de temps à sortir, alors que le contexte évolue toujours plus vite. Nous devons imaginer des projets capables de s’adapter, de se transformer et d’intégrer davantage de phases provisoires, tactiques ou évolutives. Ce qui est intéressant dans ce projet, c’est justement que cette réinvention ne concerne pas uniquement les objets que l’on dessine, mais aussi la manière dont on travaille ensemble. À chaque étape, les équipes ont cherché à inventer des dispositifs originaux, toujours au service du projet. Les méthodes développées avec Vraiment Vraiment, l’assemblée citoyenne ou les différents temps de concertation, ne sont pas des à-côtés : elles font partie intégrante de la réponse aux défis auxquels nous sommes confrontés.